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Innovation en assurance vie

Spirica, ex-Axéria Vie, devient la tête chercheuse de la bancassurance...

17 février 2011 :flecheLa Tribune


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Interview

Assurance vie : Daniel Collignon, PDG de Spirica (ex-Axéria Vie), livre ses astuces pour choisir son fonds en euros

Un fonds ancien sera préférable pour un épargnant s'attendant à un scénario déflationniste à la Japonaise et un fonds récent sera plus intéressant si celui-ci anticipe un rebond des rendements obligataires.

La comparaison entre taux brut et taux net permet de distinguer ce qui relève du seul marketing de ce qui reflète une stratégie de gestion des réserves saine et prudente.

La s√©lection d'un fonds en euros para√ģt a priori une √©vidence. Les taux de rendement √©tant largement publics, il suffirait d'identifier le plus √©lev√©. Simple. Seulement l'√©volution du taux de rendement affich√© par un fonds r√©sulte tant de la nature de ses placements que d'une strat√©gie complexe de comptabilisation et de provisionnement des plus-values. Se fier au seul taux de rendement revient donc √† ignorer ces options comptables et peut amener √† sous-estimer leur impact sur les taux futurs. Seule la connaissance pr√©cise de la composition de chaque fonds permet finalement d'amener au bon choix. Il convient en effet de comparer la rentabilit√© des actifs obligataires, qui repr√©sentent entre 80% et 100% des engagements des fonds en euros, et les plus ou moins-values latentes des autres actifs (actions et immobilier) du portefeuille √† ceux des autres fonds en euros pour conna√ģtre le meilleur.

Mais voil√† : faute d'obligation de transparence sur les placements affect√©s aux fonds euro, ce type d'information reste largement indisponible. Pour ces raisons, choisir un fonds en euros dans le maquis des offres en pr√©sence est loin d'√™tre une √©vidence. L'√©pargnant est-il pour autant condamn√© √† naviguer √† vue, √† s√©lectionner un fonds au hasard de son inspiration ? Peut-√™tre pas. Car s'il ne peut conna√ģtre pr√©cis√©ment la composition de chaque fonds en euros, l'√©pargnant dispose de quelques astuces encore largement sous-utilis√©es pour approximer le rendement √† venir de chaque fonds ou du moins, pour limiter la chance de trop se tromper.

Un premier param√®tre important est l'√Ęge d'un fonds euros, qui permet d'estimer l'importance relative des lignes obligataires anciennement acquises pr√©sentes dans le portefeuille. Autrement dit, il d√©termine l'influence du ¬ę poids du pass√© ¬Ľ sur le rendement. Explications. Si un √©pargnant anticipe un sc√©nario d√©flationniste √† la Japonaise et donc, un environnement durable de taux bas, il a tout int√©r√™t √† se tourner vers un fonds en euros ancien. Il est en effet vraisemblable que celui-ci d√©tienne un stock important de lignes obligataires acquises √† des taux plus √©lev√©s qu'au cours des ann√©es √† venir. Ces fonds en euros devraient donc √™tre rapidement les mieux-disants en mati√®re de rendement.

S'il estime au contraire que la croissance économique repartira d'ici à un ou deux ans, il peut vraisemblablement s'attendre à un retour de tensions inflationnistes et donc, à un rebond des taux, courts et longs. Dans ce cas, les achats de nouvelles lignes par les assureurs se feront à des taux plus élevés qu'au cours des années passées. L'épargnant aura donc tout intérêt à se tourner vers un fonds en euros plus jeune, c'est-à-dire vers un fonds dont la rareté relative de lignes anciennes au rendement limité permettra de ne pas trop diluer le rendement plus élevé des lignes à venir.

Une autre m√©thode consiste √† comparer les taux brut et net. Ce dernier, effectivement constat√© par l'√©pargnant, est le taux brut auquel est appliqu√© un pourcentage de participation au b√©n√©fice et la d√©duction des frais de gestion. La comparaison de ces deux taux, disponibles dans les √©tats de situation publi√©s par chaque assureur, permet d'estimer la politique de redistribution de chacun d'entre eux. Un diff√©rentiel peut refl√©ter la mise en place de r√©serves importantes (provision pour participation aux exc√©dents ou PPE) en vue de faire face √† des ann√©es difficiles et de lisser les taux de rendement √† venir. Il peut donc indiquer une strat√©gie de gestion prudente dans l'int√©r√™t de l'√©pargnant. Il peut aussi simplement mettre en √©vidence le fait que l'assureur, gr√Ęce √† ses investissements pass√©s, peut pr√©lever l'int√©gralit√© des frais pr√©vus, ce qui est l√† aussi bon signe pour sa solidit√© financi√®re, et permet d'anticiper des √©volutions futures raisonnables.

A l'inverse, un différentiel réduit, voire parfois négatif chez certains assureurs, montre une stratégie commerciale agressive à court terme, mais qui obère la capacité de l'assureur à maintenir ses taux de rendement futurs. Il peut en outre changer à tout moment cette stratégie commerciale, au risque de voir baisser alors très substantiellement les taux nets des fonds euro concernés. Autrement dit, la comparaison entre taux brut et taux net est un indicateur de ce qui relève du seul marketing, ou qui reflète une stratégie de gestion des réserves saine et prudente.

Si les √©pargnants sont loin de disposer de toutes les informations n√©cessaires pour r√©aliser un choix pertinent en toute connaissance de cause, ils ne manquent pas d'indices pour prendre leur d√©cision. A l'heure o√Ļ l'√©volution r√©cente des march√©s financiers a mis √† mal les plus-values latentes de certains assureurs, cette gymnastique d'esprit est plus que jamais indispensable.

Novembre 2009 :flecheNews assurances

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